Un Chinois chez les Kabyles.

Adaptation libre de la nouvelle « Le journal d’un fou » de Luxun.

Quelques années plus tard, Shuren part pour le Japon, à Sendai, où il a décidé de faire des études en médecine, dans l’idée de sauver ses compatriotes toujours privés de vrais soins médicaux, parce qu’ils sont abandonnés, comme son père l’a été, aux mains de charlatans. Mais un jour, brusquement, il abandonne son projet : un des professeur, après avoir projeté des clichés de bactéries, a terminé le cour en donnant à voir un épisode de la guerre russo-japonaise (les Russes et les Japonais se battent alors pour l’annexion d’une province chinoise, enrôlant de force les habitants du pays). Le cliché montre un Chinois exécuté pour « trahison » par des japonais, sous le regard passif de ses compatriotes… « Ce n’est pas la peine, se dit Shuren, de soigner le corps si les âmes sont malade. » Comme, pour sauver les âmes, il n’y a, pense-t-il, que la littérature, il réunit quelque amis et fonde sur-le-champ une revue dont il arrive à publier quelques numéros (Hugo, Jules Verne d’abord — qu’il traduit-pour donner aux enfants chinois d’autres modèles que les exemples ridicules et nocifs dont sont bourrés les manuels classiques de piété filiale), avant de devoir renoncer, faute de moyens.

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